- Un complément de formation en 2011
Premier contact avec un recycleur
En 2005 en mer de Cortez, un plongeur prépare cette drôle de machine à coque jaune et part plonger seul... Attirance pour le recycleur: 0%!
Puis sur les forums de plongée, dans les magasines...
On en parle... La plupart du temps, je ne comprends pas grand chose... circuit fermé, semi fermé, bail out, diluant... cela semble bien trop technique, réservé à un cercle fermé d'initiés, inabordable et bien éloigné des préoccupations d'un plongeur loisir tropical.
L'intérêt qui est souvent mis en avant est de pouvoir descendre profond, de rester des heures, d'explorer des caves, grottes ou vastes tombants et les photos montrent des plongeurs encombrés de plusieurs bouteilles en plus du recycleur... tout cela ne me concerne pas... tout au plus éveille ma curiosité... Attirance pour le recycleur 1%...
Safaga, juin 2009
Je n'avais jamais envisagé de m'initier à la plongée en recycleur... l'opportunité ne s'était jamais présentée, et je ne l'avais pas cherchée non plus... Cela me semblait technique, compliqué, un peu inquiétant, cher... pas pour moi en fait... Pour l'instant, je me suis limitée à la plongée Nitrox de base, sans chercher à aller plus loin.
Alors, me direz-vous, comment se passe ce fameux baptême?



D'abord, on détaille le matériel et on nous explique son fonctionnement (les 2 "faux poumons", le recyclage de l'air via la chaux et son enrichissement en oxygène, le contrôle des consoles, l'entretien de base).

Ensuite, on enfile l'engin sur le dos... avec le sourire!
Tranquillement assis sur le bateau et on apprend à respirer avec, ce qui permet aussi de préparer le recycleur en surface (faire chauffer la chaux) et de vérifier son fonctionnement.
On prend le temps de découvrir la respiration de cet air qui, contrairement à la plongée bouteille, n'est pas froid et sec, mais tiède et humide...

On apprend aussi à ouvrir et fermer l'embout en bouche, à accéder immédiatement à l'injecteur de diluant (on le fait plusieurs fois les yeux fermés), à gonfler le gilet et accéder à sa purge, à récupérer le détendeur et respirer avec.

Pendant que je continuais à respirer avec le recycleur, l'instructeur s'est préparé.
Derniers rappels sur la lecture des indications fournies par les consoles et l'importance de s'habituer à les contrôler toutes les minutes sous l'eau (en plus du gros ordinateur qui est fourni et mis au poignet, à vérifier moins souvent que les consoles quand même!)

Une fois à l'aise avec ces quelques manipulations de base, on se lève...
32 kilos sur le dos !
Avec mon 1m52 et mes 47 kilos, j'ai eu un peu peur... mais l'instructeur et tout l'équipage étaient aux petits soins pour m'aider à me mettre debout sans me faire perdre le sourire! c'est agréable de se faire chouchouter !
Une fois debout, j'ai constaté que le poids était plutôt bien réparti et relativement confortable... quelques mètres et me voilà au bord de la plate forme de mise à l'eau.
L'instructeur se jette à l'eau avec sa bouteille et m'attend en surface. Saut droit, gros plouf, et je le rejoins.

On vérifie les consoles, que je respire bien et on rejoint la corde pour cette première descente en recycleur...
Et là, il faut oublier une partie des réflexes acquis en plongée bouteille!
D'abord à la descente, gilet vide, je vide mes poumons par réflexe... mais ça ne sert à rien! Ce sont les faux-poumons qu'il faut vider!
Pour cela, il suffit par exemple d'expirer par le nez, ce qui évacue l'air dans l'eau, donc à l'extérieur de l'embout. L'instructeur est juste à côté et me tient, tout en conservant l'inflateur de mon gilet en main. A la descente commence un autre phénomène surprenant, l'air commence à manquer, il est difficile de respirer... en fait, l'air contenu dans les faux poumons se réduit avec la pression, c'est là qu'il faut avoir bien localisé l'injecteur de diluant et appuyer dessus... ce qui a pour effet de gonfler les faux poumons, attention à ne pas remonter!
Une fois stabilisée en bas de la corde, l'instructeur toujours accroché à moi comme un gentil rémora, me rappelle de regarder la console, s'assure que tout va bien... Je lâche la corde et commence la plongée.
Au début, cela fait une drôle de sensation.
Je me sens comme une tortue avec une grosse maison sur le dos, la nage gracieuse en moins...
A chaque mètre de profondeur en plus, lorsque la respiration devient difficile, il faut penser à injecter de l'air dans les faux poumons. Apparemment, cela stabilise bien car j'ai peu utilisé le gilet.
Et toutes les minutes, l'instructeur me rappelle de regarder la console... on oublie facilement car en plongée bouteille, on n'a pas l'habitude de surveiller aussi souvent son ordinateur. Et il faut aussi regarder l'ordinateur en plus des consoles.

Au bout d'une dizaine de minutes, vers 15 mètres, je commence à m'habituer un peu à l'équipement et même à penser à regarder les consoles de temps en temps... pas assez souvent encore, mais ça viendra...

L'instructeur m'a lâchée et j'évolue par moi même. Il s'éloigne un peu pour me laisser profiter du silence, et ne pas le polluer avec le bruit de ses bouteilles.
Cela fait étrange, on entend en permanence les bruits sous marins, comme lorsqu'on retient sa respiration en plongée bouteille.
Un peu plus à l'aise, je commence à songer à ce qui m'entoure.
Je repère des poissons clowns, idéal pour tester le fait que l'absence de bruit et de bulles ne va pas les effrayer... je vide mes poumons pour descendre sur le sable et m'en approcher... Quelle truffe! ça ne marche pas bien sur, il faut oublier le poumon ballast en recycleur et s'orienter avec les palmes! Je m'en approche doucement et... rien ne se passe... il ne semblent pas s'agiter autant que d'habitude. Je tends la main, ils tournent autour sans se réfugier dans l'anémone... super! Je repère une raie pastenague posée sur le sable, j'approche doucement, elle ne bouge pas... il faudra que je gratte un peu le sable sous son aile pour qu'elle la soulève un peu. Je regrette déjà de ne pas avoir mon appareil photo et je songe à ce que cela apporte de pouvoir approcher la faune en l'effrayant beaucoup moins.
Déjà 25 minutes de ballade, le temps passe si vite! Il faut songer à remonter...
Pas facile! Il faut évacuer l'air dans l'eau pour vider le faux poumon et ne pas remonter trop vite, songer aussi à vider le gilet... mais il faut remonter sans redescendre... le stop à 3 mètres est un peu loupé, je suis remontée pas trop vite, mais sans réel contrôle de mon arrêt!


La remontée à l'échelle n'est pas facile, mais peu importe, je souris béatement et l'équipage m'aide.


Je finirai quand même à 4 pattes sur la plate forme, ensevelie sous le recycleur et morte de rire!
Heureusement que l'équipage intervient immédiatement pour enlever mes palmes et m'aider à me relever!


Je l'ai gardé longtemps, ce sourire béat jusqu'aux oreilles...
Vous avez compris, j'ai adoré cette expérience... rien que d'y repenser, je souris encore....

Le jour suivant, mon binôme fera lui aussi un baptême... même sourire immense au retour, même envie de recommencer...
Quelle fantastique baptême! J'imagine déjà des plongées d'un autre genre, avec un recycleur, pouvoir approcher la faune, l'observer, l'écouter et la photographier sans le bruit des bulles.
Pour information, pour un baptême, il suffit d'être N1 avec une bonne expérience, le brevet Nitrox n'est pas nécessaire.
Pour suivre une formation complète, il suffit d'un Advanced PADI avec une spécialité profonde + un Nitrox Avancé pour la formation IANTD et TDI recycleur niveau 1 (diluant air) ou un niveau 3 Nitrox confirmé pour la formation FFESSM qui sera possible en 1 semaine, alliant théorie et 500 minutes de pratique minimum...
Allez, c'est décidé, on s'inscrit pour un cours l'année suivante! On commencera à s'initier à la théorie avant le prochain séjour à Safaga... et la suite, c'est ici
© MANTA 2008 - 2011